

Mardi 20 janvier, un échange consacré à la nouvelle stratégie européenne pour la bioéconomie s’est tenu au Parlement européen à Strasbourg, à l’initiative de la Représentation du Grand Est auprès de l’Union européenne et du Ministère de l’Alimentation du Bade-Wurtemberg.
À cette occasion, notre président, Michel Mangion, est intervenu sur le thème « De la niche à la norme : comment la bioéconomie peut-elle se développer et surmonter les obstacles ? », aux côtés de Tobias Wolfinger, CEO de Technikum Laubholz.

« Passer de la niche à la norme n’est pas une option, c’est une nécessité stratégique !… »
Notre modèle économique fondée sur l’extraction des ressources fossiles, qui sont par nature en quantité limitée, n’est pas durable. La transition vers une économie circulaire constitue une première réponse indispensable mais insuffisante : elle permet de gagner du temps en économisant la ressource mais la circularité n’est que rarement totale. Il faut la compléter par le développement d’une économie réellement renouvelable et durable, la bioéconomie.
La bioéconomie, fondée sur la valorisation du vivant, passe par le développement de biosolutions durables, en mobilisant des ressources renouvelables, plus respectueuses pour la planète.
C’est la raison pour laquelle, la bioéconomie doit changer d’échelle, pour passer progressivement des marchés de spécialités à ceux de commodités.
…C’est-à-dire de la « niche à la norme ».
Pour y parvenir, cependant, la bioéconomie devra surmonter un triple défi :
- Le développement des technologies de bioraffinerie, comme les biotechnologies, ou le biomanufacturing. Ces technologies sont très capitalistiques et se caractérisent par un long temps de développement. Il faut donc soutenir leur développement sur le long terme avec des mécanismes de support stables comme le CBE JU, successeur de BBI JU, qu’il faudra continuer et renforcer.
- La mobilisation durable de la biomasse.
La biomasse transformée est renouvelable par nature. C’est un énorme avantage et un levier décisif pour la décarbonation. Pour autant, sa mobilisation doit être pensée dans une logique de soutenabilité à long terme. Son caractère stratégique doit être reconnu : la biomasse n’est pas seulement une matière première, elle constitue le socle industriel sur lequel se construisent les chaînes de valeur de la bioéconomie.
Le développement des marchés. Au-delà de l’offre, le véritable passage à l’échelle se jouera sur la demande. Pour créer des volumes, atteindre des masses critiques et générer des économies d’échelle, nous avons besoin de signaux clairs et durables de la part des décideurs publics.
La nouvelle stratégie européenne pour la bioéconomie, publiée en novembre 2025, va dans la bonne direction et donne un signal positif.
Le véritable défi consiste désormais dans sa mise en œuvre concrète et sa continuité dans le temps.
l’Europe a une carte majeure à jouer !
Pour faire de la bioéconomie une norme, il faut agir prioritairement et simultanément sur l’innovation, la ressource et les marchés, avec une vision de long terme et des moyens en adéquation avec l’ambition affichée.
Cette dynamique ne peut réussir que grâce à une action collective, associant acteurs économiques et décideurs publics.
Le rôle et l’engagement de B4C dans cette transformation est déterminant en structurant un réseau de près de 500 acteurs et en agissant sur l’accompagnement de l’innovation, l’accélération de l’industrialisation et l’influence pour lever les freins technologiques, réglementaires et financiers.
Les défis sont immenses mais les atouts européens le sont tout autant. Si l’Europe fait preuve de constance et de pragmatisme, elle peut devenir un leader mondial de la bioéconomie.
Continuons et intensifions nos efforts pour que la bioéconomie cesse d’être une alternative…et devienne, enfin, la norme.
Cette intervention s’inscrit dans une séquence plus large d’échanges et de prises de parole, réunissant tout au long de la matinée acteurs économiques et représentants institutionnels, avec un objectif commun : faire avancer concrètement la bioéconomie européenne et lever les freins à son passage à l’échelle.
En croisant retours de terrain, visions industrielles et priorités politiques, cet événement illustre l’importance d’une approche collective et coordonnée pour permettre à la bioéconomie de passer durablement de la niche à la norme.

Madame Jessika Roswall, Commissaire européenne à l’environnement, à la résilience de l’eau et à l’économie circulaire compétitive, a également fait le déplacement pour participer à cet échange.
