Le lundi 1er septembre , à l’occasion de la Foire de Châlons 2025, nous avons eu le plaisir de concevoir et d’animer, au sein du Village de la Bioéconomie, une journée thématique entièrement consacrée aux biointrants. Cet événement a été l’occasion de réunir des acteurs clés de la filière et de mettre en lumière les perspectives qu’ouvrent ces solutions pour la transition agroécologique.

Des leviers essentiels pour la transition agroécologique
Les biointrants qu’il s’agisse du biocontrôle, des biostimulants ou des biofertilisants s’affirment comme un levier clé de la transition agroécologique. Ils permettent non seulement de réduire l’usage des phytosanitaires, mais aussi de contribuer à sécuriser les rendements et la viabilité économique des exploitations, en atténuant les écarts entre le potentiel de rendement et les performances réelles des cultures. Ils répondent ainsi aux attentes croissantes de la société en matière de santé publique et de protection de l’environnement. Enfin, ils ouvrent de nouvelles perspectives d’innovation et de création de valeur pour les filières agricoles, en renforçant leur résilience économique et leur durabilité.
Une région pionnière et des projets structurants
Dans ce contexte, le Grand Est se distingue comme une région pionnière, en portant un contrat de filière biointrants ambitieux et en soutenant de nombreux projets structurants.
Cette dynamique illustre la volonté des territoires de s’emparer pleinement de ces solutions pour accélérer la transition agricole.
L’efficacité des biointrants, bien que prometteuse, reste complexe et variable selon les conditions d’utilisation. Leur adoption nécessite donc un accompagnement adapté : formation, partage d’expériences entre acteurs et recours à des outils pratiques. La journée a permis de mettre en avant plusieurs initiatives en ce sens.
Les biointrants s’inscrivent également dans une logique systémique et interfilière. Ils s’articulent avec les rotations culturales et s’intègrent dans des coopérations territoriales, favorisant le partage des coûts, des bénéfices et des risques.
Des exemples inspirants et une ouverture internationale
Parmi les projets phares évoqués lors de la journée, Covalo, accompagné et labellisé par B4C, illustre parfaitement la manière dont des coalitions territoriales peuvent être bâties pour accélérer l’usage des biointrants, mutualiser les investissements et renforcer la résilience des filière.
Au-delà de nos frontières, le regard porté vers le Brésil confirme que la dynamique est mondiale. Le pays connaît en effet une croissance rapide du marché des biosolutions, soutenue par des procédures d’homologation simplifiées et le développement du « on-farm » – la production directe de micro-organismes à la ferme. Ce modèle permet de réduire les coûts tout en renforçant la compétitivité des exploitations.
Vers une vision systémique de la transition
Accélérer la transition agricole par les biointrants implique toutefois de mobiliser plusieurs leviers simultanément : la motivation économique des agriculteurs, le lien étroit entre la recherche et la pratique agricole, un cadre réglementaire adapté, ainsi qu’une capacité collective à prendre des risques.
Les enjeux de demain
Les débats et témoignages recueillis lors de cette journée mettent en avant des priorités claires pour l’avenir. Il s’agit d’intégrer l’ensemble des maillons de la chaîne jusqu’au consommateur afin de mieux partager les coûts et les risques économiques. Il est également essentiel d’investir dans la recherche et l’innovation, en capitalisant sur les réussites internationales, et d’anticiper l’émergence de nouvelles maladies afin de renforcer la résilience des systèmes agricoles.

