Les 23 et 24 juin 2026, Bruxelles a accueilli Next Bite Satellite – Biotech in Agrifood: From Innovation to Adoption, un événement organisé par EIT Food réunissant plus de 200 acteurs européens de l’innovation agroalimentaire. Chercheurs, industriels, investisseurs, décideurs publics, startups et représentants des institutions européennes se sont retrouvés autour d’un objectif commun : lever les freins qui empêchent les innovations biotechnologiques d’atteindre le marché et construire une stratégie collective pour l’avenir de l’agroalimentaire européen.

Christophe Luguel, Directeur des Affaires Européennes chez B4C, engagé dans les échanges stratégiques
Parmi les experts mobilisés lors de l’événement, Christophe Luguel a pris part aux conférences consacrées aux conditions nécessaires pour accélérer l’innovation en biotechnologie agroalimentaire.
Le constat partagé par l’ensemble des intervenants est sans appel : l’Europe dispose d’une recherche scientifique de premier plan, mais peine à transformer ses découvertes en innovations industrielles à grande échelle.
Les différentes sessions ont abordé les principaux leviers nécessaires pour accélérer cette transition :
- le financement des phases de démonstration et d’industrialisation ;
- le renforcement des collaborations entre recherche, industrie et investisseurs ;
- le développement des compétences nécessaires aux nouvelles filières biotechnologiques ;
- les conditions d’accès au marché et l’acceptation des innovations ;
- la mise en place d’une gouvernance européenne coordonnée.
Malgré la diversité des thématiques, un même message s’est imposé : le véritable défi européen n’est plus la découverte scientifique, mais le déploiement industriel des innovations.
Pourquoi l’Europe a besoin de l’EU Agri-Food Biotech Alliance
Au cœur de Next Bite figurait le lancement de la dynamique autour de l’EU Agri-Food Biotech Alliance, portée par EIT Food.
L’Alliance répond à une problématique largement partagée : les compétences existent en Europe, mais elles restent fragmentées. Les laboratoires produisent des connaissances, les startups développent des technologies prometteuses, les industriels disposent des capacités de production, les investisseurs apportent les capitaux et les pouvoirs publics construisent le cadre réglementaire. Sans coordination, ces forces peinent toutefois à produire un impact à grande échelle.
L’Alliance ambitionne donc de créer un véritable écosystème européen capable de :
- connecter recherche, industrie, investisseurs et décideurs publics ;
- transformer les priorités définies dans la Strategic Research and Innovation Agenda (SRIA), co-construite avec plus de 120 organisations, en actions concrètes ;
- soutenir le développement d’infrastructures, de démonstrateurs industriels, de compétences et de nouveaux mécanismes de financement ;
- accompagner l’évolution des politiques publiques afin de faciliter l’adoption des innovations biotechnologiques.
Une réponse aux défis de compétitivité européens
Les chiffres présentés lors de l’événement illustrent les limites de la situation :
- l’Europe attire moins de 10 % des investissements mondiaux en biotechnologie ;
- près de 70 % des protéines destinées à l’alimentation animale sont importées ;
- plus de 90 % des capacités industrielles de fermentation sont situées hors d’Europe.
À l’inverse, le potentiel est considérable : d’ici 2040, les biotechnologies pourraient concerner plus de la moitié de la production agricole européenne et générer jusqu’à 136 milliards d’euros de valeur supplémentaire pour le secteur alimentaire.





