
Chaque année, la filière forestière génère une multitude de coproduits (écorces, sciures, lignine, cendres, fumées de charbon, etc.), dont le potentiel de valorisation est considérable. Parmi eux, le liquide pyroligneux, obtenu par condensation des fumées émises lors de la pyrolyse lente du bois pour la production de charbon, recèle une richesse de composés organiques.
Déjà valorisé à hauteur de 60 millions USD en Europe en 2021, ce marché a atteint 62 milliards USD dans le monde en 2023, grâce à ses nombreuses applications dans :
✅ la cosmétique,
✅ le pharmaceutique,
✅ l’agriculture,
✅ l’alimentation humaine et animale.
En capitalisant sur les différents sous-produits, les acteurs de la filière bois peuvent renforcer leur résilience économique tout en créant des synergies inter-filières pour répondre aux besoins croissants en molécules biosourcées. Cette dynamique ouvre la voie à de nouvelles perspectives d’innovation.
Les sous-produits d’industrie du bois et la sylviculture : un gisement de molécules variées

💡Parmi les procédés de valorisation, la pyrolyse du bois sec, utilisée pour produire du charbon, génère des coproduits à haute valeur ajoutée. En particulier, le liquide pyroligneux, composé d’acide pyroligneux et de goudron insoluble, est obtenu par condensation des fumées émises lors de la pyrolyse. Différents types de coproduits du bois peuvent également être pyrolysés, tels que le bois d’éclaircie ainsi que les déchets non souillés de scieries ou d’ameublement.
Ces deux fractions, l’acide pyroligneux et le goudron insoluble, présentent une composition moléculaire riche et variée, comprenant notamment des alcools, acides, esters, aldéhydes, cétones, furannes, pyrannes, dérivés phénoliques et carbohydrates. Elles offrent des propriétés spécifiques valorisables dans divers secteurs :
✅ Acide pyroligneux : pesticides, biostimulantes, aromatiques, antioxydantes et antimicrobiennes.
✅ Goudron insoluble : antiprurigineux, anti-inflammatoires, antimicrobiens et antifongiques.
De nouveaux débouchés pour la forêt de demain et des opportunités d'innovation pour de multiples secteurs

La filière bois se confronte à des défis techniques, économiques et environnementaux majeurs, tels que l’hétérogénéité des matières premières, la variabilité des coproduits (sciure, écorces, résidus de transformation, etc.) et les contraintes liées aux procédés chimiques ou thermiques adaptés, qui influent sur la rentabilité et la compétitivité face à d’autres filières énergétiques et de la pétrochimie. Pourtant, ces défis ouvrent la voie à d’importantes opportunités : la valorisation énergétique par combustion ou conversion en biocarburants, le développement de nouveaux matériaux composites, liants et additifs, ainsi que l’innovation technologique permettant d’optimiser les réactions et d’améliorer la performance globale des installations.
Avec ses 17,5 millions d’hectares de forêts*, la France se positionne au quatrième rang européen en termes de surface forestière, soulignant l’importance de saisir ce potentiel. Deux axes stratégiques essentiels se dessinent pour la valorisation des coproduits :
- Identifier les segments porteurs et l’écosystème existant : Quels segments de marché présentent le plus fort potentiel et quels acteurs y sont déjà implantés avec succès ?
- Optimiser vos processus et vos stratégies d’innovation : Quelles technologies d’extraction et de transformation innovantes ?
*France métropolitaine
